lundi 17 octobre 2016

L'avenir du Québec : la partition régionale ?

"Depuis une décennie ou deux, la littérature scientifique laisse entendre que les États-nations perdent rapidement de leur importance. Le pouvoir et l’influence, indique-t-elle, sortent de l’État-nation et évoluent tant « vers le haut » (les réseaux mondiaux) que « vers le bas » (les régions et des villes)."

(L’histoire et le futur de l’édification des nations. Introduction du rédacteur en chef
par Christopher Pollitt? (http://www.cairn.info/mythes-et-ideologies--9782600040280-page-173.htm))

Même si le souverainiste en nous a de la difficulté à l'admettre, Montréal, c'est le Québec. La souveraineté au fond, c'était conquérir  Montréal.
Or, ce n'est pas ce qui s'est passé.
Depuis 1980, nous assistons plutôt à la balkanisation du Québec, certains diraient sa libanisation.

D'une part, l'immigration massive à Montréal est en train de changer inexorablement la démographie de cette ville. On dit que dans trois ans, les francophones y seront minoritaires.
Le vote massif des immigrants de plusieurs générations et des anglophones va vers le parti fédéraliste du Québec (d'où son clientélisme), avec des scores qui rappellent les dictatures.
Nous arrivons ainsi à une situation où Montréal décide en grande partie de la politique au Québec.
Le reste du Québec pourrait ne pas exister que Montréal n'en saurait rien.

D'autre part, le reste du Québec illustre cette balkanisation d'une autre façon ; la ville de Québec par le clivage gauche-droite a relégué les souverainistes aux oubliettes, ceux-ci étant perçus comme de méchants gauchistes ; les régions frontalières (l'Outaouais, la Beauce, l'Ouest) échappent à l'identification avec le centre par le magnétisme du monde anglo-saxon (l'Ontario et les États de la Nouvelle-Angleterre), un phénomène courant des zones frontières (exemple : la région de l'Alsace-Lorraine en France) ; le vote souverainiste se concentre dans certaines régions spécifiques (voir ci-dessus la carte des élections fédérales de 2014

, le bleu clair montre la concentration de ce vote) ; enfin, comme la crise d'Oka nous l'a rappelés par le meurtre d'un policier québécois, les Premières "Nations" sont autant de mini-républiques qui refuseront ultimement la souveraineté du Québec, pris dans leur ressentiment ancestral envers l'homme Blanc.

Par conséquent, quel sera l'avenir de cette nation virtuelle qui n'a jamais eu le courage de se mettre au monde?
Les populations continueront à s'identifient au pouvoir qui leur est le plus proche, le plus souvent la ville.
Les nations qui semblaient aller vers de grands ensembles avec la mondialisation voient de plus en plus leur population la rejeter.
Le Québec est dans un cas particulier parce que ce rejet ne ramène pas la population totale du Québec à s'identifier à un centre qui n'existe pas.
On imagine, en revanche, que Montréal devienne complètement autonome, comme Venise l'était autrefois.
Cependant, le reste du Québec va-t-il continuer longtemps à accepter le joug d'une ville multiculturelle qui ne lui ressemble absolument pas?
Quant aux régions périphériques (l'Outaouais, la Beauce), elles vont être absorbées par les régions limitrophes.

En conclusion, il est aussi réaliste d'imaginer le découpage du Québec en quatre que d'assister au grand soir où le Québec serait unifié, non pas de façon artificielle, mais par le cœur et l'esprit.

Si le club de hockey des Canadiens de "Mountreehall" représente notre seul pôle d'identification, le pays Québec qui n'existe pas, sauf si on le ramène au degré zéro de la simple habitation du territoire, n'existera jamais.



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