Quels sont les scénarios possibles pour le peuple Québécois devenu une ethnie parmi tant d'autres dans le Canada post-national et multiculturaliste?
Par une sorte de miracle, un réflexe de survie inespéré, il pourrait choisir de devenir souverain. S'il réalise que ce qui est arrivé à Montréal, soit le remplacement de la population et l'anglicisation, se répand peu à peu dans les autres villes comme Québec, Trois-Rivières, le peuple Québécois va peut-être enfin se réveiller. Voter pour la CAQ était déjà un sursaut national pour se débarrasser des corrompus du PLQ, pour réduire l'immigration et pour encadrer les demandes de minorités exotiques.
Le soir d'un référendum gagnant pour la souveraineté, il y aurait probablement les débuts d'un désir de sécession et de partition du territoire par les minorités montréalaises et par les communautés autochtones à qui on a a fait croire qu'ils étaient des nations. Au moins, les choses seraient claires : un peuple, un territoire. Il n'y a rien qui pourrait l'empêcher, le Canada serait trop heureux d'humilier les Québécois et de se leur faire payer leur audace. Les souverainistes sont souvent trop naïfs en pensant que le droit international prévaudrait. Entre un Autochtone qui joue les martyrs et un Québécois Blanc, à qui l'ONU et l'opinion internationale vont accorder leur soutien?
Bon, cessons de rêver ! Le scénario le plus probable est une lente et pénible résiliation de l'ethnie québécoise à son statut de peuple minoritaire en voie de disparition.
Cela peut prendre un certain temps, mais tôt ou tard, le peuple Québécois deviendrait les Cajuns du Nord, une réserve ethnique animée par quelques chanteurs fringants jouant de l'accordéon. On peut en avoir un avant-goût en écoutant les chansons bilingues de plusieurs artistes québécois. La prochaine étape sera le "chiac" à la façon de Radio Radio, le groupe acadien de la Nouvelle-Écosse. (Le chiac, parfois appelé la chiacque, est un dialecte franglais ou anglo-français du Canada. Ce mélange vernaculaire est parlé principalement au Nouveau-Brunswick au Canada, notamment dans la région de Moncton, où il est fortement influencé par la communauté anglophone. Un Chiac, ou Chiacque au féminin, est un habitant acadien du Sud-Est du Nouveau-Brunswick.)
Le sort de l'Acadien est aussi une fin possible pour le peuple Québécois. Le peuple Acadien est fier et il fait bloc, mais il est aussi très tranquille, il ne fait pas de vagues et accepte son sort de minorité. De la même façon que tous ces francophones dispersés dans le Canada, en Ontario, au Manitoba. Le chanteur manitobain Daniel Lavoie affirmait que les francophones du Manitoba ressentaient une sorte d'orgueil à parler un anglais sans accent et qu'ils se foutaient des Québécois (Dieu sait pourquoi?); ce sont de parfaits colonisés et si leurs enfants parlent anglais en une génération ils seront assimilés (comme les Jack Kerouac, Alanis Morrissette, Justin Bieber et les Eugenie Bouchard - fière de ne pas avoir d'accent québécois - le prouvent, de même que tous les Québécois qui sont partis vivre aux États-Unis au dix-neuvième siècle.)
Quelques ethnologues et anthropologues viendront étudier le phénomène dans cinquante ans et ils seront tous bien tristes de la disparition dans l'indifférence quasi totale des premiers bâtisseurs de l'Amérique du Nord, de la disparition de ce peuple qui aurait pu être nation.
Notre compatriote, Pierre Falardeau, avait anticipé les chemins possibles :
«Moi je n’abandonnerai jamais. [...] Si on choisit collectivement d’abandonner, y’a un prix à payer pour ça. Si on choisit de s’écraser, si on choisit de s’allonger, le monde y vont s’essuyer les pieds sur nous autres. Pis les peuples qui meurent, ça meurt longtemps. Pis c’est douloureux, pis ça fait mal. Faque, si vous décidez d’abandonner ça va être bin long, pis ça va être tough. Vous avez besoin d’être tough.»

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