Les grands tabous au Québec
C'est-à-dire les sujets dont on ne discute pas ou peu ou qu'on a passés sous silence depuis des décennies.
1) Les Yvettes de 1980. Le féminisme de droite (les Yvettes), et le féminisme de gauche peu intéressé par la question nationale (voir le numéro de La Vie en Rose qui a suivi le référendum), ont empêché le Québec d'accéder à son indépendance. Ce lien essentiel entre les sexes, qui a été rompu par cette idéologie, est sans doute un des grands symptômes de la crise de civilisation des sociétés occidentales. Donc ce n'est pas particulier au Québec, on le voit, entre autres, en Suède. Quand ceux qui devraient être des partenaires sont perçus comme étant des ennemis de l'intérieur, il devient difficile de résister aux agressions de l'extérieur: la pensée socialisante du féminisme a aussi tendance à être pro-multiculturelle. Nos sociétés en sont revenus de l'extrémisme idéologique du féminisme (en partie), mais pour le Québec, le mal est fait. Peut-être que les historiens du futur y verront un moment signifiant de notre histoire ou peut-être que ce sujet restera un tabou.
2) Les """"""nations""""" autochtones. Gros con Canada a tellement voulu empêcher la souveraineté du Québec qu'il a manigancé la partition du territoire québécois en accordant un statut de nation à une cinquantaine de tribus, qui, depuis, ne se peuvent plus et envisagent déjà une complète autonomie. Que ces nations soient constituées sur la base d'une appartenance raciale ne semble déranger à peu près personne. Quand on mentionne la souveraineté du Québec, il y a toujours quelqu’un pour nous affirmer que les Québécois sont des immigrants, comme s'il n'y avait pas une distinction entre des colonisateurs et des immigrants.
Il n'y avait rien au Québec avant l'arrivée des Français, en arrivant ils ont créé le droit et ils ont créé la notion de nation qui ne faisait pas partie de la réalité anthropologique de ces tribus.
Je me réfère ici à l'historien français de l'Afrique, Bernard Lugan, qui pourrait certainement nous éclairer sur cette question parce que les historiens et les anthropologues québécois sont tellement pétris de respect envers leur objet d'études qu'ils ne sauraient nous éclairer sur cette question.
Je passe sur les mœurs de ces merveilleux autochtones pour ne pas enfoncer le clou...
Si les Français n'avaient pas colonisé la Nouvelle-France, ils feraient encore caca dans les buissons. Bien sûr, si vous auriez aimé vivre à l'âge de la pierre, votre nostalgie se comprend.
3) Les gangs de rue de Montréal-Nord. Qui sont-ils? On les connaît un peu. Pas une semaine, parfois à tous les deux jours, sans qu'un type se fasse poignarder. Les journaux parlent de faits divers, événement de peu d'importance? Si le poignardé survit, il refuse de collaborer avec la police ("ces racistes!") la plupart du temps.
Ces gangs pourrissent leur quartier, mais il ne faut pas le dire, le montrer.
Je vais à Montréal depuis 2002, quelques jours par année, et les deux fois où j'ai craint pour ma sécurité comme par hasard... Une ville où on évite de regarder les gens dans les yeux dans le métro, est-elle la ville du mythique "vivre ensemble"? Je ne pense pas. Et si vous allez vous promener dans Montréal-Nord, ne portez pas de bleu ou de rouge...
4) Saint Dany Laferrière. Pour continuer dans la même teinte (?). Très apprécié à "Tout le monde en parle" pour remplir les quotas prévus pour la diversité ; moins aimé par les souverainistes parce qu'on ne l'a jamais entendu dire quelque chose de positif sur le Québec (je peux me tromper), exprimer une quelconque gratitude. On ne lui demande pas de se mettre à genoux!
Quand il a eu du succès, il est allé vivre en Floride, jouer les Américains, pour s'extasier sur son "américanité" (du vent!), un Elvis Gratton de luxe qui pense au-dessus de ses moyens. Autrement dit, il était de passage au Québec, c'était un touriste. "Nous sommes tous des Québécois", répète le couillon à Couillard, mais qu'est-ce que Laferrière a de Québécois? On se le demande encore.(Un peu comme Arcade Fire !)
Son récit sur le tremblement de terre de 2010 à Haïti est savoureux. Il avait son passeport canadien dans le cou et il a sauté dans le premier avion disponible, laissant sa maman... se débrouiller?... Brave, le mec!
Ensuite, il s'est paré dans la posture du grand écrivain qui doit témoigner. Lui, soulever des pierres pour retrouver des survivants? Que nenni !
Élection à l’Académie française. Vous voyez comment la colonisation française d'Haïti a eu du bon ! Ses lycées étaient les meilleurs. Depuis, Haïti n'a pas pris du mieux...
Je ne peux m'empêcher de penser que son élection a aussi une raison politique. C'est bien pour l'Académie d'avoir un représentant de la diaspora francophone.
Un Noir en plus pour bien monter l'ouverture ethnique des Académiciens...
5) La circoncision. Je vais essayer de faire court, de couper dans le vif du sujet (?!!!). Voilà une question qui peut vous faire passer pour antisémite. Cela m'est arrivé sur les réseaux sociaux. J'ai eu le malheur de remettre en question ce rituel sadique et une personne connue à une époque (O. R. : je tairai son nom) m'est tombé dessus. C'est aussi arrivé à une candidate péquiste qui exprimait les mêmes réserves sur cette violation de l'intégrité physique d'un individu, d'un enfant? à qui on ne demande pas la permission (si vous avez dix-huit ans, c'est votre problème).
L'excision soulève de l'indignation avec raison, pourquoi la circoncision est-elle passée sous silence comme si les petits garçons ne valaient pas la peine qu'on s'occupe d'eux?
Dans quelle condition est-elle pratiquée? Qui paye pour cette barbarie, si elle se fait dans une clinique? Elle touche quelles groupes?
6) Les francophones hors-Québec. Les Acadiens, les Francos-Ontariens-Manitobains-Albertains, tous les Francos-Machins. Les a-t-on déjà entendus exprimer une solidarité quelconque avec le Québec? Se prononcer pour l'indépendance du Québec? Penser à immigrer au Québec pour augmenter le nombre de francophones au Québec?
Dans "La Petite Noirceur" de Jean Larose, il soutient que les Acadiens ont un sentiment de supériorité envers les Québécois. Vrai ou faux? Mais on peut remarquer à quel point ils sont fiers de parler anglais sans accent, comme de vrais colonisés quoi. Le stade supérieur de la colonisation : être fier de ne pas avoir l'accent québécois comme Eugénie Bouchard.
(Photos : de fraîche actualité, déjà ils ont leur couleur, rouge et noir.)


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